Lorsque votre bonheur commence à dépendre d’une autre personne, d’une réalisation ou d’un résultat ou d’une combinaison de ces éléments, il est possible que vous soyez émotionnellement dépendant. Ce n’est pas quelque chose de simple à affronter, mais cela doit être considéré comme un défi nécessaire pour mener une vie plus légère et plus saine, disent les psychologues.

Qu’est-ce que la dépendance émotionnelle ?

On parle de dépendance émotionnelle lorsqu’un individu laisse les autres agir sur ses sentiments et ses émotions et devient dépendant d’eux pour se sentir heureux. Cela a un impact négatif sur l’estime de soi, puisque sa formation dépend des autres. L’association américaine pour la santé mentale définit la dépendance émotionnelle comme un état émotionnel et comportemental qui affecte la capacité d’un individu à avoir une relation mutuellement saine et satisfaisante.

Comprendre la dépendance émotionnelle

Certains professionnels de la psychologie estiment que ce comportement trouve ses racines dans l’éducation de l’individu, depuis l’enfance, dans les cas où les parents sont narcissiques ou déprimés, ce qui amène l’enfant à développer un besoin supplémentaire de ces derniers, afin de leur offrir un but. À un certain moment, la personne affectée perd la capacité d’agir, de prendre une décision seule et d’assumer la responsabilité de ses actes. L’estime de soi, qui est émotionnellement dépendante, ne dépend que de l’opinion ou de la reconnaissance des autres. La dépendance émotionnelle n’est pas considérée comme un trouble mental, mais certains patients souffrant d’autres types de troubles, tels que la dépression et l’anxiété, peuvent avoir une dépendance émotionnelle. Cette dépendance au regard des autres se manifeste entre autre par des sollicitations excessives qui nuisent aux rapports humains. Les dépendants émotionelles eux-mêmes se plaignent de la piètre qualité de leurs relations. Ils ont parfois des difficultés à se faire des amis, à s’entendre avec des collègues ou à gérer leurs relations amoureuses. Discrets jusqu’à l’explosion de la colère, ils évitent au maximum le conflit, et ne parviennent pas à exprimer clairement leurs ressentis de peur de perdre la considération des autres. Un comportement qui peut justement attiser les foudres de leur entourage.

Êtes-vous émotionnellement dépendant ?

Vous ne vous sentez pas valorisé ou aimé sans l’approbation d’une ou plusieurs autres personnes ;

Vous n’avez pas confiance en vos propres sentiments et vous avez besoin que d’autres personnes les valident ;

Vous avez peur d’être rejeté : vous êtes généralement d’accord avec tout le monde, vous essaiez d’être parfait ou de m’annuler devant les autres pour éviter d’être rejeté ;

Vous avez peur d’être seule, vous vous sentez vide et vous ne savez pas quoi faire de votre vie quand vous êtes seule ;

Il est un fait qu’il s’agit d’une liste partielle de déclarations, afin que le lecteur ait une idée des sentiments impliqués dans la dépendance émotionnelle. En bref, vous êtes émotionnellement dépendant lorsque vous n’assumez pas la responsabilité de vos propres sentiments et de votre propre estime de soi, devenant ainsi victime des choix des autres.

Comment surmonter la dépendance émotionnelle ?

Reconnaissez votre valeur en travaillant sur votre estime de soi : en concentrant les pensées positives sur vous-même, en réalisant vos réalisations ainsi que vos limites, la thérapie est un allié solide dans ce processus ;

Acceptez vos décisions et faites face aux conséquences, réalisez que vous êtes capable de faire ce qui est le mieux pour votre vie ;

N’oubliez pas que vous êtes le seul à pouvoir contrôler vos sentiments, vos émotions et vos actions ;

Ne planifiez pas votre vie autour des autres ; réalisez que vos besoins sont importants et que vous devez prendre le contrôle de votre vie et être indépendant. Personne n’est totalement indépendant, et même les personnes qui semblent fortes ne sont pas totalement exemptes de dépendance émotionnelle autant qu’elles l’imaginent. Cependant, il est possible d’apprendre à surmonter ce sentiment désagréable, au moins suffisamment pour se sentir mieux. Il faut du temps et beaucoup de pratique pour développer ce genre d’attitude positive. Avec l’aide d’un psychologue, il sera possible d’apprendre à rechercher ses propres réalisations et d’élargir ses horizons, en privilégiant son bonheur malgré tout et tout le monde.

D’où vient la dépendance émotionnelle ?

Dans l’inconscient collectif, la dépendance affective est le signe d’une immaturité psychique ou émotionnelle. Les dépendants auraient été responsabilisés très tôt et auraient manqué d’affection et d’attention au cours de leur enfance. En fait, ce trouble est lié à un manque d’amour inconditionnel. C’est à dire au fait que nos parent nous ont fait pense – ou que nous avons compris- qu’il fallait être quelqu’un de précis pour avoir de la valeur. Comme si l’amour que l’on recevait dépendait de ce que l’on est, de ce que l’on dit ou de ce que l’on accomplit. L’enfant grandit donc dans la peur constante de l’abandon ou du rejet, portant sur ses épaules le poids du bien-être de ses proches. Il entre alors dans une logique d’hyper-adaptation relative à une hypersensibilité préalable et s’oublie au profit de l’autre en faisant siennes ses valeurs, ses aspirations et ses besoins pour pouvoir y répondre au mieux.

Comment surmonter ses angoisses et sortir de la dépendance émotionnelle ?

La dépendance émotionnelle n’est pas irréversible mais pour la vaincre, il est absolument nécessaire de la reconnaître et de l’accepter. Ce handicap sentimental peut être surmonté, notamment par le biais de la thérapie qui permet de prendre conscience de son unicité et de sa valeur. Le ciment de toute relation épanouissante étant qu’il faut déjà apprendre à s’aimer soi même. On peut ainsi apprendre à être heureux sans dépendre de l’affection des autres, et gérer ses angoisses autrement qu’en étouffant nos semblables à la recherche de preuves d’amour. La clé, quand on est aux prises avec un dépendant affectif, ou quand on cherche à sortir de la dépendance émotionnelle, c’est de se poser des limites. Cela suppose un préalable absolu : mieux se connaître. Car plus on apprend à se connaître, plus on sait cerner nos besoins. L’important, c’est surtout de verbaliser calmement ses sentiments. Plus on est calme, plus l’autre peut s’attacher au cœur du message, et ne pas être complètement pollué par sa forme. La sortie de la dépendance affective, c’est réellement ce moment où on a la conviction que juste en étant soi, on peut être aimé. Il faut rester optimiste. On sélectionne de plus en plus nos relations, et surtout, on a beaucoup plus de moyens à notre disposition pour nous protéger et de possibilités de travail sur soi. On arrive mieux à détecter les relations toxiques.